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Les algorithmes m'ont matrixé (et j'ai mis du temps à le voir)

2 min de lecture

Un constat personnel sur ce que le scroll infini a fait à ma façon de penser — et comment j'essaie de défaire ça.

Il y a eu un moment précis où j'ai réalisé que quelque chose n'allait plus .

Je lisais un article sur Twitter et je ne lisais pas vraiment. Je scannais. Je cherchais le moment où mon cerveau allait avoir sa dose — un chiffre frappant, une formulation provocatrice, une confirmation de ce que je pensais déjà. Dès que ce signal arrivait, je passais au suivant.

Je ne découvrais rien. Je consommais de la validation.

Ce que l'algorithme optimise

YouTube, Twitter, TikTok, Instagram, LinkedIn — ils optimisent tous pour le même signal : l'engagement. Temps passé, clics, partages, réactions. Pas la valeur informative. Pas la diversité des sources.

Ce qui engage, c'est ce qui provoque une réponse émotionnelle forte. La colère, la peur, la surprise, la confirmation de ce qu'on croit déjà. L'algorithme n'a pas de parti pris idéologique — il a un biais vers ce qui retient, et ce qui retient c'est l'émotion.

Le résultat : une chambre d'écho progressive. Pas hermétique. Juste qui rétrécit. Les contenus qui t'exposent à des points de vue différents sont déprioritisés. Les sources qui produisent de l'indignation dans ta direction sont amplifiées.

Ce que j'ai observé chez moi

Je lisais beaucoup — plusieurs heures par jour — mais j'avais du mal à te dire ce que j'avais appris la semaine d'avant. L'information ne restait pas. Elle circulait sans s'ancrer.

La sérendipité avait disparu aussi. Je ne tombais plus sur des choses auxquelles je n'aurais jamais pensé chercher. Tout était cohérent avec ce que j'avais déjà regardé. Mon monde informationnel s'était rétréci sans que je m'en aperçoive.

Et il y avait une fatigue étrange. Pas la fatigue d'avoir réfléchi — l'épuisement de quelqu'un qui a été constamment stimulé sans jamais aller en profondeur sur rien.

Ce que j'ai changé

Rien de spectaculaire.

RSS plutôt qu'algorithmes. Feedly, des sources que j'ai explicitement choisies. Je décide ce qui est dans mon flux, pas un système d'optimisation de l'engagement.

Newsletters plutôt que réseaux. Quelques newsletters de gens qui pensent en profondeur sur des sujets qui m'intéressent. Pas de feed infini, pas de recommandation. Juste un mail par semaine.

Pas de scroll recommandé. YouTube Watch History désactivé, Reels évités, "Pour toi" ignoré. Je cherche directement ce que je veux voir.

Blocs de lecture sans notification. 45 minutes, téléphone ailleurs, un seul article à la fois. Pas glamour. Juste efficace.


Laisser l'algorithme décider de ta diète informationnelle, c'est laisser quelqu'un d'autre décider de comment tu penses. Ce quelqu'un optimise pour son engagement, pas pour ta compréhension du monde.

C'est une distinction qui mérite d'être faite une fois clairement.

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