#réflexion#écriture#cognition

J'écris pour comprendre ce que je pense (sinon je sais rien)

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Pourquoi poser des mots sur ce qu'on pense change ce qu'on pense.

Il y a une idée que j'avais longtemps : on écrit après avoir pensé. On attend d'avoir une idée claire, une thèse solide — et seulement alors, on pose des mots.

C'est faux.

Quand je commence à écrire sur quelque chose que je croyais comprendre, la moitié du temps je réalise que je ne comprenais pas vraiment. La phrase que j'essaie d'écrire ne tient pas. Ça veut dire que la pensée derrière ne tenait pas non plus.

L'écran fait office de miroir. Et c'est souvent inconfortable.

Ce que l'écriture force à faire

Mettre une idée en phrase, c'est la forcer à exister dans un ordre. Avant / après. Cause / conséquence. On ne peut pas rester dans le flou de l'intuition.

Il faut aussi choisir un niveau d'abstraction — est-ce que je dis "les gens" ou "les utilisateurs" ou "nous" ? Ce choix, apparemment anodin, révèle ce qu'on pense vraiment de sa position.

Et écrire pour quelqu'un — même fictif, même imaginaire — discipline la pensée d'une façon que la simple réflexion ne fait pas. Parce qu'on est obligé de se demander si ça tient pour quelqu'un qui n'est pas dans notre tête.

En pratique

Les habitudes qui changent quelque chose pour moi :

  • Écrire sans relire pendant les premières minutes. Laisser la pensée se dérouler même si c'est décousu.
  • Poser la question en titre avant de connaître la réponse. L'article sert à trouver la réponse, pas à la démontrer.
  • Couper de moitié. Tout ce qu'on supprime était probablement superflu de toute façon.

Écrire régulièrement n'est pas réservé aux auteurs. C'est un outil de pensée. Et c'est le seul que je connaisse qui révèle ce qu'on ne savait pas encore qu'on pensait.

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